Chaque année l’ambassade de France aux USA organise un forum sur le sol américain où les grandes et moins grandes entreprises françaises viennent recruter des francophones. Cette année le forum USA se tenait au MIT à Boston les 8 et 9 avril 2006.
Comme hélas il va bien falloir un jour trouver du travail pour avoir à nouveau des vacances, Fabrice, Morgann, Loïc, Pierre et moi avons cassés notre tirelire pour s’offrir un petit WE à Boston et aller « chopper de la DRH (Directrice des Ressources Humaines) » comme le vulgum pecus aime à dire.
Le vol pour Boston était à 19h59 le jeudi soir. Nous sommes partis à 18h15 de la maison et en fait nous nous sommes rapidement aperçus que c’était un juste pour être à l’heure. Et évidemment, c’est quand on est pressé que survient tout un tas de petits embêtements : embouteillages pour aller à la station de métro, tickets de métro qui ne fonctionnent pas, métro qui reste bloqué 15 minutes à la station juste avant l’aéroport, enregistrement des bagages qui est clos pour le vol, pfffiou… Toujours est-il qu’en courant à travers l’aéroport et en aplatissant le sac qui devait passer en soute pour le faire passer en cabine, nous avons réussi à embarquer dans notre avion. Bon, la prochaine fois on partira plus tôt de la maison.
Arrivée de nuit à Boston, nous sommes très bien accueillis au YMCA (Young Men Christian Association) dans lequel nous avions réservés deux chambres.
La journée du vendredi fût consacrée à la visite de Boston à pied. Boston est une ville chargée d’histoire et cultive précieusement ce passé contrairement à la majorité des autres villes américaines. C’est en effet à Boston que la grande aventure américaine à commencée avec la Boston Tea Party du 16 décembre 1776 à l’initiative de Samuel Adams et la révolte des colons contre la domination anglaise. Un parcours est tracé au cœur de la ville à l’aide d’une ligne rouge qui fait revivre cette période de révolution en menant le visiteur d’un lieu historique à l’autre : du Massachusetts State House en passant par le cimetière « Old Granary » où est enterré Samuel Adams jusqu’au Bunker Hill Monument qui commémore la première grande bataille des colons contre les anglais. Nous avons donc bêtement suivi ce parcours très bien fait, après tout de même avoir eu une visite guidée de la bibliothèque (la première bibliothèque publique des USA) et assister à un petit concert d’orgues dans l’église de La Sainte Trinité (Trinity Church) récemment rénovée.
Le centre ville est charmant avec ces maisons en briques rouges à la Londonienne, étonnant avec ses vieux bâtiments qui se reflètent dans les hauts buildings modernes en verre, agréable à vivre avec ses petits commerces et verdoyant avec ses beaux et grands parcs publics. Les gens que l’ont rencontre à Boston sont plus de type européen : plus distingué dans leur façon de s’habiller, moins gros, plus blancs…
Boston est également un grand port de pêche dont le homard est l’emblème et la spécialité culinaire. Cela change du hamburger et du beurre de cacahuète. Il fallait donc absolument en bon français tester la spécialité culinaire du coin. Nous sommes donc allés sur le port le soir , où se trouve sur un des docks déserts un petit restaurant insoupçonné le « No Name Restaurant » qui sert d’excellents fruits de mer à prix raisonnable. Pour $21 ils vous servent une petite fricassée de gambas, coquilles Saint Jacques, et homard qu’on n’est pas prêt d’oublier… Cela accompagné par la bière locale la « Harpoon » qui se laisse bien boire également.
Engoncés dans nos costumes, le sourire Colgate aux lèvres et le CV à la main, c’est ainsi que nous nous sommes pointés le lendemain matin vers 10h00 (il ne faut pas exagérer non plus…) au forum USA sur le campus du MIT. Il devait y avoir une vingtaine d’entreprises représentées dont AREVA, TOTAL, Exxon Mobil, SAFRAN, Airbus, EADS, Renault, Saint Gobain, EDF… J’ai notamment eu un entretien un peu plus sérieux avec cette dernière. Parmi les questions posées : que pensez-vous de la privatisation d’EDF, qu’est-ce vous voulez faire comme type de travail (ça c’est une bonne question), qu’avez-vous le mieux aimé aux USA (toujours pas compris pourquoi …), citez moi un point faible que vous avez amélioré ces derniers temps (comme j’ai les neurones connectés à l’envers je lui ai cité un point fort mais tactiquement ce n’était pas plus mal)… Les recruteurs sont parfois assez sidérants je vais voir Total, je lui montre mon CV, il voit que j’ai déjà deux diplômes et il me fait : « vous ne voudriez pas faire une formation diplômante à l’Imperial College à Londres par hasard ? ». Bah en fait comment te dire si je viens te voir c’est pour trouver du travail pas pour me taper 2 à 3 ans d’études supplémentaires sur un sujet qui en plus est rasoir. Ou alors aussi on s’entend dire « Ha bah allez sur le site Internet… ». Super ! Merci du conseil, ça valait le coup de venir vous voir jusqu’à Boston ! Mais globalement ce fût une expérience positive avec déjà un retour de la part de la société AREVA…
Après être sorti du forum vers 17h00, nous avons profités qu’il faisait encore jour pour aller un peu au Nord de la ville, à Cambridge en fait, pour aller voir le fameux campus d’Harvard University. Impressionnant, construit sur le modèle des collèges anglais, l’on sent qu’ici on ne plaisante pas ! Dire que dans ces murs se trouve certainement un futur président des USA…
Contrairement aux deux jours précédents Durant lesquels le temps était plutôt gris et humide, le dimanche fût une belle journée ensoleillée. Pendant que j’étais à la messe des Rameaux les autres ont visité le Museum of Fine Arts. Après avoir déjeuné au Quincy Market une grande halle couverte dans laquelle il n’y a principalement que des restaurateurs, nous nous sommes promenés l’après-midi dans le quartier de Beacon Hill, le quartier résidentiel chic de Boston et qui rappelle fortement les quartiers résidentiels de Londres. Enfin après une petite sieste au soleil sur les bords de la Charles River, nous avons repris le chemin de l’aéroport pour nous en retourner vers Atlanta et l’Amérique profonde. Le contraste est tellement saisissant entre les grandes villes du Nord Est et le Sud Est que s’il n’y avait pas le même drapeau américain et les mêmes bus scolaires jaunes partout, on pourrait croire que l’on a changé de pays !
Impossible d’aller aux Everglades sans visiter une ferme d’alligators et de faire une petite ballade en Air Boat (hydroglisseur), ce que nous avons fait en début d’après-midi. Nous avons repris ensuite la voiture pour visiter le Parc des Everglades à proprement parlé. Sur le long de la route les endroits à voir sont aménagés pour les rendre accessibles et intéressants pour le plus grand nombre. A chaque point d’intérêt, l’on gare la voiture et une petite promenade dans le milieu naturel a été prévue. Le premier arrêt fut le plus exceptionnel. Le chemin d’abord en bitume longe un premier petit étang qui se prolonge en un gros ruisseau vers une grande étendue d’eau. En arrivant au niveau de cette grande étendue l’on passe sur une passerelle en bois qui fait une boucle au dessus des hautes herbes jaunes des marécages. Ce qui étonne c’est l’abondance de la faune que l’on peut presque toucher de la main. Hérons cendrés, aigrettes et autres oiseaux des marais, tortues de Floride, bancs de poissons à la surface des eaux terreuses et alligators immobiles dans l’eau se prélassant sur les berges au soleil. Nous nous batifolâmes ainsi au milieu des alligators par un temps lourd et orageux. Nous avons tellement aimé ce spot que nous l’avons refait à la nuit tombée. A l’origine la promenade devait être guidée par un ranger mais ce dernier nous ayant posé un lapin nous y sommes allés tout seul à la lueur de nos petites lampes de poche et à la lueur des éclairs au loin. C’est un spectacle unique qui s’est rapidement présenté à nos yeux, celui d’innombrables paires de point lumineux rouges au niveau de la grande étendue d’eau. C’étaient tout simplement les yeux des alligators éclairés par nos lampes. Ces derniers plus du tout somnolents comme en fin d’après-midi étaient en train de chasser. Ils sont très vifs et arrivent à attraper les poissons en pleine nage.
immanquablement d’années en années les jeunes universitaires américains (de leur nom scientifique anglophone « undergraduates ») migrent en bandes vers les eaux chaudes de la côte Est de la Floride afin de faire leur apprentissage en alcoométrie et en anatomie du sexe opposé poil au nez ou pas ça dépend des goûts poil aux genoux.